L’OLONNAIS
Jean Nau, dit L'Olonnais est célèbre pour ses expéditions sur la terre ferme, mais plus encore pour son épouvantable cruauté. On dit qu'après lui, les autres pirates eurent la tâche facile tant il a associé d'horreurs avec le mot de «flibustier».

Originaire des Sables-d'Olonne en Vendée, il s'embarque à La Rochelle pour les Antilles à titre «d'engagé». Il devient boucanier, et voit ses compagnons massacrés pour la plupart par les «lanceros» espagnols. Il se réfugie à La Tortue où il obtient le commandement d'un premier navire, mais il fait naufrage près de la ville de Campeche. À nouveau, ses compagnons sont tous tués, quelques-uns faits prisonniers. Barbouillé de sang, l'Olonnais se couche parmi les morts et attend le départ des Espagnols pour revêtir l'uniforme d'un soldat espagnol tué dans la mêlée. Ainsi déguisé, il se rend à Campeche et participe à la fête, célébrant la victoire de ce jour sur les flibustiers. Un peu plus tard, il convainc des esclaves noirs de s'enfuir avec lui à bord d'une barque.

De retour à la Tortue, il libère les esclaves comme promis, puis il repart avec vingt-deux compagnons seulement pour saccager la ville de Los Cayos, à Cuba. Le gouverneur de La Havane envoie contre eux un brigantin de dix canons avec quatre-vingt dix hommes à son bord. L'Olonnais les surprend alors qu'ils ont jeté l'ancre dans une baie. Un des prisonniers lui révèle être à bord pour servir de bourreau avec ordre de pendre les flibustiers capturés. L'Olonnais se fâche. Il fait monter un à un les prisonniers de la cale et leur tranche la tête. On dit qu'à chaque tête coupée, il léchait son sabre en faisant des réflexions sur le goût différemment salé de l'un ou l'autre. Il n'en laissa qu'un seul en vie et le chargea de rapporter dans une chaloupe les têtes coupées, ainsi qu'une lettre à l'intention du gouverneur de La Havane : «Je suis fort aise, Monsieur le gouverneur, que cet ordre soit venu de votre part et vous pouvez être assuré qu'à l'avenir tout Espagnol tombant entre mes mains subira le même sort. Peut-être même, monsieur le gouverneur, en ferez-vous personnellement l'expérience, ce serait justice et grand plaisir pour moi».

Le gouverneur reçut aussi une lettre de ses propres sujets lui rappelant que «pour un Anglais ou un Français que nous prenons, les aventuriers sur nous font cent prisonniers. Les flibustiers n'en veulent qu'à nos biens, ils nous laissent la vie sauve, et si les ordres de votre seigneurie étaient mis à exécution, ce serait la condamnation d'une infinité d'existences chères à notre nation».

En 1666, à la tête de sept navires, l'Olonnais et Michel le Basque pillent Maracaibo, avant de se diriger vers la ville fortifiée de San Antonio de Gibraltar. Trois fois les assauts sont repoussés, car durant le temps que les flibustiers ont mis à saccager Maracaibo, le gouverneur Merteda a organisé la défense. Et il n'y a que 380 flibustiers pour attaquer des murailles défendues par vingt canons et 400 soldats auxquels s'ajoutent 400 volontaires. À la fin, l'Olonnais a recourt à une ruse : il sonne la retraite et tous les flibustiers replient dans un semblant de déroute pour se cacher dans la jungle et le long de la route. Convaincus de leur victoire les Espagnols sortent afin de poursuivre les flibustiers. L'Olonnais les prend à revers et entre dans la ville avant qu'on ait le temps de refermer les portes. Le pillage de Gibraltar fut particulièrement brutal, et au retour, on s'arrêta de nouveau à Maracaibo exiger une rançon de 30 000 piastres des habitants qui avaient eu la maladresse de rentrer chez eux avant que les flibustiers aient pris le large!

Quelques expéditions moins glorieuses plus tard, survient un nouveau naufrage. L'Olonnais aboutit à la plus petite des îles Baru, au sud de Carthagène (golfe de Darién). Capturé par les Indiens Bravos, il est coupé en morceaux, rôti et fumé sur un boucan. Il avait quarante et un ans.

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HENRY MORGAN  (1635-1688)
Aventurier gallois, Sir Henry Morgan a été l'un des flibustiers qui, avec l'appui tacite du gouvernement anglais, s'attaqua au trafic maritime et aux colonies espagnoles. On peut dire de lui qu'il fut le plus grand. Secondé par plusieurs des capitaines de l'Olonnais, (Roc Brasiliano, Laurent de Graaf, Michel le Basque et d'autres), il profite de leur expérience et dirige des expéditions de grande envergure.

La première connaît un étrange départ. Second du célèbre Mansfeld, Morgan voit le vieil amiral des flibustiers renoncer à l'expédition contre Curaçao financée par le gouverneur de la Jamaïque. Morgan veut se rattraper en tentant un coup de main contre une ville fortifiée...; mais son équipage refuse ce projet, préférant se diriger vers Puerto Principe, (aujourd'hui Camagüey, à Cuba). Cependant, cette ville se révèle peu riche. Morgan obtient quand même une rançon, dont 500 boeufs qu'il fait abattre et saler afin d'entreprendre sans tarder une autre expédition.

En 1668, la même année que la prise de Puerto Principe, les flibustiers de Morgan attaquent Portobelo défendue par quatre forts. Le coup de main est audacieux. Il implique de s'infiltrer dans les forts espagnols de nuit. On se doute que Morgan avait de bons guides. Probablement des flibustiers qui avaient connus la captivité à Portobelo avant de s'évader ou d'êtreé changés contre des prisonniers espagnols. Il faut dire aussi que les flibustiers disposent de moyens efficaces pour soutirer des renseignements aux leurs prisonniers : la terreur, la torture... ou offrir la liberté aux esclaves.

Morgan et ses capitaines saccagent en 1669 Maracaibo, au Venezuela. Encore une fois, la ville n'est pas aussi riche qu'espérée. Elle ne s'est pas encore remise du pillage de L'Olonnais et les flibustiers de Morgan passent tout un mois à ratisser la jungle à la recherche de prisonniers à rançonner ou de cachettes dissimulant les richesses des habitants. Au moment de repartir, une mauvaise surprise attend les flibustiers : trois navires de guerre bloquent l'embouchure de la baie de Maracaibo.

C'est l'Armada de Barlovento, équipée de navires trop gros pour entrer dans la baie, mais qui attendent patiemment à la sortie les trois vaisseaux reliés entre eux par des chaînes pour décourager toute tentative de fuite.

Morgan a prévu le coup. Lui et ses capitaines font semblant d'attaquer. Ils vont droit sur les navires de guerre comme s'ils voulaient monter à l'abordage. Les officiers espagnols concluent que les flibustiers veulent se battre au sabre et, en gentilshommes, acceptent le défi. Sans tirer un seul coup de canon, ils attendent les flibustiers...; mais le premier navire qui les aborde est un brûlot. C'est-à-dire un navire chargé de goudron, de barils de poudre en plus de mannequins pour faire croire à un équipage nombreux. Les quelques flibustiers qui le manoeuvrent allument la poudre et sautent par-dessus bord. Les Espagnols aussi, et dans l'explosion qui suit leur navire amiral s'enflamme. Le second navire est capturé par les flibustiers. Le troisième va s'échouer sur la plage pour que l'équipage puisse courir se cacher à terre.

Quand même, la plus grande partie des Espagnols ont le temps de se réfugier dans le fort qui bloque la sortie de la baie. Morgan reste bloqué. Toute la journée, les Espagnols surveillent les canots qui partent des navires, chargés de flibustiers, emportant armes et munitions. Les Espagnols se rendent à l'évidence : Morgan prépare une attaque par voie de terre, alors ils déplacent les canons qui pointaient vers la mer, les positionnant vers la terre. En fait, les chaloupes des flibustiers partent emplies d'hommes vociférant et surexcités... et reviennent aux navires avec les mêmes hommes sagement couchés au fond des chaloupes. Quand Morgan juge que les Espagnols ont déplacés tous leurs canons du mauvais côté, il lève les voiles et sort de la baie sans autre problème.

Morgan s'empare aussi de Panama en 1671. Cette fois encore, la ville se révèle moins riche qu'espérée. Ce raid est marqué par une bataille rangée aux portes de la ville et suivie de brutalités et de débauches parmi les plus grandes de l'histoire de la flibuste. Cependant, au retour, Morgan se fâche avec ses flibustiers déçus du butin trop maigre à leur goût. N'attendant pas que la grogne se transforme en règlement de compte, il met les voiles accompagné de ses plus fidèles capitaines. Plusieurs flibustiers diront alors qu'il s'enfuit avec la plus grande partie du butin. Une fois en Jamaïque, il est arrêté et dépêché en Angleterre pour y subir un procès. C'est que la paix est signée entre l'Espagne et l'Angleterre. Le raid contre Panama est donc très mal vu par le gouvernement anglais. Morgan manoeuvre bien, et la guerre reprenant, il est plutôt accueilli en héros, anobli, et nommé lieutenant-gouverneur de la Jamaïque avec pour mission d'en chasser les pirates et les flibustiers. Il achève ses jours paisiblement en Jamaïque.

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MONBARS
Monbars est un gentilhomme du Languedoc, dans le sud de la France. Adolescent,  Monbars dévorait les livres du père jésuite Las Casas, le défenseur des Indiens  d'Amérique, et on dit qu'à chaque page il s'écriait : maudits Espagnols ! À l'école,  jouant dans une comédie, il passe près d'étrangler un confrère de classe qui tenait le rôle d'un noble Espagnol.

Un peu plus tard, la guerre éclate entre la France et l'Espagne, Monbars obtient d'un oncle capitaine corsaire qu'il le prenne à son bord. Et le voilà en route pour les Antilles ! A chaque voile aperçue, Monbars s'excite : «Est-ce un Espagnol ?». Quand enfin on finit par en rencontrer un, son oncle fait enfermer Monbars dans une cabine: «Il se ferait tuer! Il est complètement fou!» se dit l'oncle. Dès l'abordage, Monbars enfonce la porte et se jette dans la mêlée, comme un furieux. Il massacre tellement d'ennemis que les matelots s'exclament : «C'est l'ange exterminateur.»

Il ne faut pas imaginer le joli teint rose d'un ange blond. Oexmelin décrit Monbars comme un colosse, brun de poils, avec d'énormes sourcils broussailleux. Monbars descend à l'île de la Tortue, où son oncle fait escale pour écouler son butin. Pendant que les flibustiers se débauchaient tant que l'argent durait, Monbars ne buvait que de l'eau, ne touchait pas aux cartes et, paraît-il, les femmes ne l'intéressaient pas davantage. Il préférait causer avec les boucaniers de la côte d'Hispaniola.

«Nos affaires ne vont pas du tout, disaient ces hommes. Les Espagnols viennent de plus en plus souvent du centre de l'île, ils profitent de ce que nous sommes à la chasse pour dévaster nos boucans. Il faudrait organiser une expédition contre eux.»

À ce moment, Monbars a dix-sept ou dix-huit ans. On peut imaginer que les boucaniers commencent par le regarder de travers quand il propose de diriger une expédition punitive envers les ennemis des boucaniers. Monbars obtient quand même ce qu'il veut. Il se rend avec les boucaniers à Hispaniola, combat avec eux, tue des Espagnols, délivre leurs esclaves indiens, se fait acclamer par les boucaniers étonnés de s'être trouvés un chef aussi terrible. Son rêve d'adolescent est réalisé : il venge le génocide des Indiens d'Amérique. Il s'est fait justicier.

Par la suite, Monbars devient capitaine d'un navire pourvu d'un équipage d'Indiens et d'esclaves évadés, dévoués jusqu'à la mort. Quand il capture un navire espagnol, il jette tout ce qu'il porte à la mer. Pas de quartier pas de butin, et il en sera ainsi dans tous ses combats, terrestres ou maritimes. Il devient vraiment Monbars l'exterminateur.

Monbars n'est vraiment pas un tendre avec ses ennemis. Il rivalise avec l'Olonnais dans l'invention des tortures les plus horribles. C'est lui qui aurait eu l'idée d'ouvrir le ventre à des prisonniers, d'en tirer l'extrémité de l'intestin, qu'on cloue à un arbre. Puis, en mettant une torche aux fesses du prisonnier déjà très mal en point, on l'oblige à reculer, dévidant ses tripes. Une façon de mourir vraiment horrible qui amusait beaucoup les flibustiers de Monbars. Faut dire qu'à l'époque, les pauvres flibustiers n'avaient ni télévision, ni radio, pas même de walkman, et qu'il leur fallait bien se désennuyer.

Disons aussi que la description, souvent méticuleuse, des atrocités soi-disant inventées par Monbars sont les mêmes qu'on pratiquait en Europe et ailleurs, selon les chroniqueurs espagnols des XVIIe et XVIIIe siècles. Ce sont peut-être des exagérations visant à justifier la haine des pirates. Les récits ou dessins de cette époque marquée de nombreuses guerres nationales et religieuses ont souvent pour but de montrer à quel point les autres sont abominables. Il est bien difficile aujourd'hui de trancher entre vérité et propagande.

Quand même, nombre de faits rapportés sur Monbars sont sûrement très réels, mais tout le personnage baigne dans une chronologie imprécise, jusqu'au jour inconnu où, on ne sait même pas l'année exacte, appareillant une dernière fois de La Tortue avec son équipage d'Indiens fidèles, il disparaît à jamais, corps et biens.

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GRAMMONT
Son nom se prononce Grand Mont. C'est un gentilhomme gascon. À 14 ans, choqué par les manières d'un officier qui fait la cour à soeur, il le provoque en duel. Les épées sont tirées et l'officier frappé de trois coups mortels. Pendant qu'il agonise, on lui tend une plume pour qu'il rédige son testament. Il y pardonne à Grammont, affirmant être «l'artisan de mon malheur, tout s'est passé dans l'honneur» et lègue une somme à la soeur bien-aimée et à Grammont lui-même. Aucune action judiciaire n'est donc prise contre Grammont, mais on l'inscrit de force à l'école des mousses. Un marin voyage, c'est donc un exil déguisé qu'on lui impose.

Pourtant Grammont se plaît sur un navire. Il apprend vite. D'abord le langage ordurier de marins dont il usera ensuite abondamment, manière de renier qu'il est gentilhomme. Il apprend aussi tout ce qui concerne la navigation. Très vite aussi, il se fait une solide «réputation». En peu de temps, il devient capitaine d'une frégate corsaire de la marine française avec laquelle il capture une flottille hollandaise si riche qu'on la surnomme «la bourse d'Amsterdam».

Sa part du butin se chiffre à 80 000 livres qu'il dépense en huit jours dans les tavernes et les bordels des Antilles Françaises. Il garde 2 000 livres qu'il risque au jeu et qui lui permettent de gagner la somme nécessaire pour acheter un navire de 50 canons. Il rend ses galons d'officier de marine et devient flibustier.

On dit Grammont robuste, petit, brun et basané. Son regard vif et sa langue agile, capable de discours mielleux ou de maudire à coups d'effroyables blasphèmes et de basses insultes. Son seul handicap au yeux des flibustiers est qu'il se dit athée, alors qu'eux recommandent leurs âmes à Dieu avant d'aller assassiner, piller ,violer, etc. Quatre grandes expéditions marquent sa carrière : Maracaibo en 1678, Cumaná en 1680, VeraCruz en 1682, Campeche en 1686.

Mais le roi de France veut que cessent les activités des flibustiers qui ne s'accordent plus avec sa politique. Pour l'inciter à changer de métier, il le nomme lieutenant du roi pour la province méridionale de Saint-Domingue. Grammont remercie poliment le gouverneur de l'île de la Tortue qui lui remet le brevet du roi. Cependant, peu de temps après, il part à la tête de trois navires et deux cents hommes pour une destination inconnue. On ne le reverra jamais.

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DE GRAAF (1682-1704?)
Original et talentueux, De Graaf devint le plus grand flibustier de son époque. On dit que De Graaf est venu dans les Antilles en tant que canonnier au service de l'Armada de Barlovento, la flotte espagnole de navires rapides chargée de chasser les pirates. Quand par la suite il passe dans le camp des flibustiers, sa connaissance des Espagnols lui servira à les rouler à chaque occasion.

Au sommet de sa gloire, on le décrit comme étant grand, blond, et bel homme arborant une moustache effilée à l'espagnole qui lui donnait beaucoup de prestance. Il avait toujours à bord de son navire des violons et des cuivres dont il jouait lui-même pour divertir son équipage. De toute manière, il fallait qu'un orchestre joue pour accompagner chacun de ses repas.

Il se distinguait des autres flibustiers par sa courtoisie et son raffinement. Sa célébrité était si grande qu'à chaque endroit où il passait, les gens s'attroupaient de partout venant voir de leurs propres yeux ce que cette légende vivante avait de si différent des autres hommes. Surnommé «Lorenzo» par les Espagnols, il se serait marié à une Espagnole nommée Petronila de Guzman.

Selon les historiens espagnols, son premier raid fut contre la ville de Campeche. La nuit du 31 mars 1672, les habitants de la ville sont réveillés par une gigantesque explosion. Sur une plage proche de la ville, une frégate de la guarda costa en construction venait de s'enflammer. C'était le moyen imaginé par De Graaf pour illuminer l'entrée du port de Campeche et permettre à ses navires d'y entrer rapidement, pendant que la garnison espagnole terrorisée s'enfuyait.

Le lendemain, ne se doutant de rien, un navire marchand entre dans le port chargé de 120 000 pesos en argent. Les flibustiers chargés d'un butin considérable disparaissent en mer avant qu'une colonne de soldats arrive par voie de terre en provenance de Mérida. Dix ans se passent sans que le nom de De Graaf soit mêlé à d'autres coups de main. Ce qui fait douter que l'attaque de mars 1672 sur Campeche soit vraiment de lui. Plus probablement, elle a été menée par des flibustiers partis sans laisser de carte de visite!

C'est à partir de septembre 1682 que des documents attestent plus sûrement les activités de De Graaf. Le gouverneur français de Saint-Domingue, Jacques Nepveu sieur de Pouançay, écrit que De Graaf faisait la course pour son propre compte depuis 1676 ou 1677, n'ayant jamais requis de commission de qui que ce soit et n'ayant jamais fait escale dans les ports d'aucune nation. Son ascension en tant que pirate, ajoute le gouverneur, a débuté quand avec une petite barque, il a capturé un petit navire avec lequel il en a pris un plus gros, jusqu'à commander un navire de guerre armé de 28 canons.

Ce navire était probablement le «Tigre», pris à l'Armada de Barlovento à l'automne 1679. En 1682, la réputation de De Graaf était si grande que le gouverneur de la Jamaïque, Sir Henry Morgan devenu à cette époque chasseur de pirates, prévenait le capitaine de la frégate «HMS Norwich» de faire bien attention à Laurent De Graaf, qui commande un navire de 28 canons et de 200 hommes d'équipage. Par précaution, Morgan renforça l'équipage de la frégate de 40 soldats pris sur la garnison de Port Royal.

A partir de ce moment, De Graaf participa aux plus grandes expéditions montées par les flibustiers. Autant sur terre que sur mer, ses victoires et ses raids sont trop nombreux pour les raconter ici. Une autre fois, peut-être. Concluons en rappelant qu'à la fin de sa vie, De Graaf s'est associé à Pierre Lemoyne d'Iberville pour fonder des villes en Louisiane, dont Biloxi et Mobile.