Esquisses et études italiennes des XVIe et XVIIe siècles à la lumière du dessin contemporain
du 17 février au 16 mai 2005, au musée du louvre et au centre pompidou


Psyché endormie
Ludovico Cardi dit il Cigoli
1559-1613
Sanguine, rehauts de blanc, papier gris vert Paris,
musée du Louvre INV 914
© RMN / C. Bellot


Le Musée du Louvre et le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, s’associent pour présenter Comme le rêve le dessin, une exposition qui remet en cause un certain nombre d'idées reçues. Un parcours original dans chacun des deux musées réunit plus de 80 œuvres issues des deux collections, et confronte esquisses anciennes et dessins contemporains.

L’esquisse moment préparatoire ?
L’histoire de l'art adopte traditionnellement des réflexes finalistes lorsqu’elle définit le rôle de l'esquisse. Qu'il s'agisse de peinture, de sculpture ou de dessin, elle la considère volontiers comme un premier jet, qui prépare et annonce un état d'achèvement de l'œuvre. C’est à partir de cette œuvre finie que l’esquisse devient rétrospectivement intelligible. L'hypothèse sur laquelle repose cette exposition est au contraire que l'esquisse n'est pas le moment inaugural du dessin, mais son terme. Elle confronte pour cela des dessins contemporains issus de la collection du Musée national d'art moderne et des études et esquisses italiennes des XVIe et XVIIe siècles provenant de la collection du musée du Louvre. Chaque volet de l'exposition comprend des dessins anciens et contemporains. Le Musée national d'art moderne présente également des images en mouvement, et le musée du Louvre, une installation de Jean-Luc Vilmouth.

Le dessin, comme le rêve
Le moment préparatoire - au sens académique du terme - a disparu du dessin contemporain. On peut dès lors regarder les dessins anciens sous un jour « définalisé ». Lorsqu'on renonce à l'interpréter rétroactivement comme une préparation, l'esquisse apparaît comme un champ de transformation généralisé. Et son inachèvement n’est plus un manque, mais le signe d'une ouverture, d'un retour vers un état instable, non fixé de la représentation. A la lumière des dessins sismographiques de Beuys, des effacements de Gerhardt Richter, des dessins les yeux fermés de Robert Morris ou des perforations et des griffonnages de Fontana, des phénomènes insolites affleurent dans les esquisses anciennes – déplacements d'accent (Fra Bartolommeo), pertes des relations (Casolani) ,décentrations (Cigoli, Cecco Bravo), ou figurations résiduelles (Federico Zuccaro, Barocci) - identiques à ceux qui s'observent dans le travail du rêve.